3.4.26

 


Vers une autre forme de gratuité ?

Du 11 au 12 mars 2026, j’étais à Mbankana, dans la commune de Maluku, dans la Ville de Kinshasa. Il est situé à plus ou moins 130 kilomètres du Centre-Ville de Kinshasa.

 

Ce déplacement a été effectué au moyen d’un mini-bus, à l’aller tout comme au retour. Ce voyage m’a permis de jauger le niveau de clochardisation des agents de service public commis dans différentes barrières érigées à certains endroits de la Route Nationale n°1.

 

La quasi-totalité de ces agents quémande de l’argent auprès des conducteurs automobiles. Ces derniers se préparent en conséquence, en se prémunissant des petites coupures d’argent, à savoir, des billets de 500 et 1.000 FC.

 

J’ai aussi vécu le paiement de la taxe illicite qui est imposée, au Pont Maï-Ndombe, par des éléments de la Garde Républicaine. Cette taxe vous dispense de décliner votre carte d’électeur. Elle est de l’ordre 1.000 FC, par passager. Déjà à quelques kilomètres dudit pont, notre conducteur automobile nous a demandés de collecter l’argent pour les éléments de la Garde Républicaine. Nous nous sommes exécutés à 8 sur 10 passagers.

 

Arrivé sur place, un militaire est venu vers notre véhicule et le conducteur lui a tendu la somme de 8.000 FC. Le militaire était très fâché lorsqu’il a constaté que deux personnes n’avaient payé leur taxe. Comme sanction, il a exigé à tout le monde de présenter sa carte d’électeur. Ce qui fut fait. Cependant, il n’a pas restitué l’argent perçu. Mieux valait se taire, en ce moment-là, car quelques personnes se sont faits battre copieusement pour une quelconque revendication.

 

Infosdespanafricanistes.blogspots.com déplorent la propension à vouloir enfermer la population dans la misère. Des fonctionnaires deviennent des mendiants, se rabaissant ainsi devant des chauffeurs pour 500 ou 1.000 FC, à telle enseigne qu’on est embarrassé et on ne sait plus si on est en face d’un cas de concussion ou de mendicité. La pauvreté a atteint un niveau inacceptable. Le fonctionnaire est très pauvre et de surcroit les chômeurs ! Pire, ne voyons-nous pas des Directeurs de la Fonction Publique solliciter, au Service des Affaires Sociales, le certificat d’indigence, pour être exemptés du paiement de certains frais dus surtout à l’Etat congolais. Quoi d’étonnant que quelques victimes de la destruction des bidonvilles de Pakadjuma offrent publiquement le sexe à 500 FC, soit 0,22 $ US, au point de se demander si nous ne tendons pas vers une autre forme de gratuité qui ne dit pas son nom. Ils disent tout bas : « La gratuité sexuelle ! »

Allouez un bon salaire aux fonctionnaires afin qu’il recouvre son honneur et sa dignité.  

 

MABAYA DIAMBOMBA Médard